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 Deuxième periode : de 1893 à 1946
 
La cession imposait un certain nombre de conditions dont la plus importante était de maintenir ouverte au public la BPP avec ses collections, et d’ouvrir et de gérer, à côté de la BPP, une station scientifique.

De plus, il était prévu que la direction de la BPP serait exercée par un délégué de l’APSL et que serait créé un comité local dont les membres seraient nommés par l’APSL et qui veillerait au bon fonctionnement de la BPP.

La tutelle de l’APSL eut tout d’abord comme conséquence un certain renouveau. Notons le dépoussiérage des livres, le nettoyage des parquets, la rénovation des murs, l’organisation de l’accès aux documents en neuf salles spécialisées. Le plus difficile fut d’élaborer un catalogue, puisqu’il n’y avait même pas d'inventaire des documents appartenant à la BPP. Or, il y avait déjà à l’époque environ 43.000 volumes. Néanmoins, les progrès furent notables.

La fréquentation augmenta, et il y eut 71 conférences publiques entre 1894 et 1913. De plus, Wladyslaw Mickiewicz (fils aîné du grand poète Adam) qui fut le délégué de l’APSL durant la longue période de 1899 à 1926, légua toutes ses collections ce qui lui permit de créer, au sein de la BPP, le musée Adam Mickiewicz – le plus prestigieux parmi ceux consacrés au célèbre poète.

Malgré cela la BPP reste relativement peu connue, tant en France qu’en Pologne. Elle eut des difficultés financières et matérielles énormes, surtout pendant la première guerre mondiale, et même jusqu'en 1926.

En effet, l’APSL n’était pas censée aider matériellement la BPP mais simplement gérer ses biens, ce qui apparemment n’était pas suffisant pour maintenir convenablement cette prestigieuse bibliothèque en activité.

L’existence d’une Pologne libre n’eut des effets majeurs sur la BPP qu’à partir de 1926. C’est l’époque d’ailleurs où, après la mort de Wladyslaw Mickiewicz, le nouveau délégué de l’APSL, François Pulaski, déploya une très grande énergie afin de trouver les fonds nécessaires à  la rénovation  et à la restauration du bâtiment, et pour réorganiser la BPP.
François Pulaski s’était plaint d’ailleurs, en prenant ses fonctions, d’avoir trouvé 65.000 volumes et gravures dans un état lamentable, et seulement trois personnes employées à la BPP.

La réorganisation de la BPP consista aussi à définir un nouveau profil pour la bibliothèque qui devint un centre de culture polonaise en France, analogue à l’Institut français à Varsovie.
En conséquence il fut décidé à l’époque d’envoyer en Pologne de très riches collections qui ne représentaient pas la culture polonaise, afin que ces collections profitent aux musées et aux bibliothèques en Pologne, de sorte qu’environ 60.000 livres furent offerts à la bibliothèque de l’APSL, la bibliothèque de l’Université Jagellone, et la Bibliothèque nationale de Varsovie.

De plus, environ 32.000 gravures et dessins furent envoyés en Pologne dont 75 dus à Rembrandt et 120 dus à Dürer .

L’étape suivante de l’activité de la BPP, et en particulier de son directeur, fut la création en 1937 du Centre d’études polonaises dirigé par F. Pulaski, André Mazon et Zygmunt Lubicz-Zaleski.

Ce centre comprenait trois chaires : la Civilisation polonaise, dirigée par Paul Cazin ; la Pologne contemporaine, dirigée par Henri de Montfort, directeur des services administratifs de l’Institut de France ; et une chaire consacrée aux affaires militaires, dirigée par le général Louis Faure, et à laquelle contribua largement Jozef Andrzej Teslar, major de l’Armée polonaise.

A cette époque, des personnalités variées et illustres comme Alexandre Millerand, président de la République Française (1920-1924) ; Pierre de Nolhac, membre de l’Académie française en 1922 ; Sébastien Charléty, recteur de la Sorbonne ; André Gide ; Paul Valéry ; etc. prirent la parole à la BPP. Notons que durant la période de 1929, date de la réouverture de la BPP après les travaux commencés en 1926 et 1940, il y eut 154 conférences publiques.

A côté du délégué de l’APSL, directeur de la BPP, il existait un comité local nommé par l’APSL. Ce comité comprenait : Marie Sklodowska-Curie, Maria Mickiewicz, petite-fille d’Adam, les ambassadeurs Alfred Chlapowski et Juliusz Lukasiewicz, et le professeur Zygmunt Lubicz- Zaleski.

En juin 1940, les Allemands approchant de Paris, F. Pulaski, avec l’aide de quelques amis et volontaires français et polonais, réussit à évacuer de la BPP en divers endroits (dans le midi de la France, à Senlis et au musée Carnavalet) une partie, la plus précieuse, des collections. Malheureusement il était difficile, dans un temps relativement bref, et avec peu de moyens, d’évacuer l’ensemble des collections ; de sorte que, lorsque les Allemands entrèrent dans Paris, ils purent s’emparer du reste des collections et envoyer 766 caisses vers l’Est.
Ils dévastèrent aussi complètement le bâtiment.

En 1944, après la libération de Paris, la BPP reprend son activité, sous la direction de François Pulaski, et avec l’équipe extrêmement dévouée qui était en place avant la guerre, en particulier Czeslaw Chowaniec, Bronislawa Monkiewicz, Wanda Borkowska, Irena Galezowska, Denise Wrotnowska.

Le point fort de l’action de François Pulaski, c’est la rénovation et la modernisation du bâtiment, de 1926 à 1929, après qu’il eut obtenu des crédits gouvernementaux. Ensuite, il y eut une période d’activité importante avec, comme point culminant, la création du centre culturel polonais en 1937, et se terminant avec la guerre de 1939-1945.  F. Pulaski s’illustra également en juin 1940, en sauvant des Allemands une partie des collections de la SHLP ; et ensuite en 1945, en reprenant courageusement, dans des conditions matérielles difficiles, la direction de la BPP qu’il garda jusqu'à sa mort, mettant de nouveau en avant l’esprit de liberté qui caractérisait les fondateurs de la BPP.

Durant cette deuxième période, où la BPP était la propriété de l’APSL et sous sa tutelle, il y  eut quatre directeurs : Jozef Korzeniowski (1893 à 1896), Konstanty Gorski (1896 à 1899),  Wladyslaw Mickiewicz (1899 à 1926), et François Pulaski (1926 à 1956).
En fait, F. Pulaski fut le délégué de l’APSL de 1926 à 1946. Ensuite, à cause de la situation politique en Pologne, il devint aussi l’un des principaux promoteurs de la SHLP réactivée, et il représentait plutôt la SHLP que l’APSL.

 
 
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